Rapport ANSES 2026 sur le vapotage : ce qu’il faut vraiment retenir

L’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) vient de publier son rapport d’expertise sur les risques sanitaires liés au vapotage. Trois ans de travail, des centaines d’études passées au crible, et une conclusion qui va faire parler : oui, la vape est moins nocive que le tabac, mais non, elle n’est pas sans risques. Décryptage d’un document qui devrait alimenter les débats pendant un bon moment.

Un rapport attendu depuis longtemps

L’ANSES s’était auto-saisie du sujet en janvier 2023, à la demande du Haut Conseil de la santé publique. Il faut dire que les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2023, 8,3 % des Français de 18 à 75 ans utilisaient la cigarette électronique, dont 6,1 % quotidiennement. Face à cette adoption massive, il devenait urgent de disposer d’une évaluation scientifique rigoureuse et indépendante.

Ce rapport constitue la première analyse française approfondie des risques toxicologiques du vapotage. Et contrairement aux études financées par l’industrie du tabac ou aux tribunes catastrophistes de certains médecins anti-vape, celui-ci a le mérite de poser les faits sans agenda caché.

La bonne nouvelle : moins nocif que le tabac

Commençons par ce que les vapoteurs savent déjà intuitivement : la cigarette électronique expose à nettement moins de substances toxiques que la cigarette traditionnelle. L’ANSES confirme ce que les études britanniques martèlent depuis des années.

Pas de combustion signifie pas de goudrons, pas de monoxyde de carbone, et une réduction drastique des composés cancérigènes. Pour un fumeur qui passe à la vape, c’est un gain sanitaire considérable et mesurable.

Le rapport souligne également que le vapotage passif présente des risques bien moindres que le tabagisme passif. La vapeur se dissipe plus rapidement et contient significativement moins de particules nocives que la fumée de cigarette.

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Les risques identifiés : ce que dit vraiment la science

L’ANSES classe les risques en deux catégories selon le niveau de preuve scientifique disponible.

Les risques « probables » (preuves fortes mais peu nombreuses)

Ces effets sont suffisamment documentés pour être pris au sérieux :

Augmentation de la pression artérielle et de la fréquence cardiaque : la nicotine stimule le système cardiovasculaire. Ce n’est pas une surprise, et c’est d’ailleurs pourquoi les personnes souffrant de problèmes cardiaques doivent consulter avant de vapoter.

Altération des vaisseaux sanguins : des études montrent des modifications de la fonction endothéliale chez les vapoteurs. L’impact à long terme reste à déterminer.

Les risques « possibles » (preuves faibles)

Pour ces effets, les données sont encore insuffisantes pour conclure de manière définitive :

  • Infarctus du myocarde
  • Maladies coronariennes
  • AVC
  • Inflammation pulmonaire
  • BPCO (bronchopneumopathie chronique obstructive)
  • Dommages à l’ADN

L’ANSES note également des risques potentiels pour la descendance des femmes enceintes qui vapotent, ce qui rejoint les recommandations déjà en vigueur de ne pas vapoter pendant la grossesse.

Les zones d’ombre qui persistent

L’ANSES reconnaît plusieurs limites à son expertise :

Le manque de recul : la vape moderne n’existe que depuis une quinzaine d’années. Les effets à très long terme (20, 30, 40 ans d’utilisation) sont par définition impossibles à évaluer aujourd’hui.

La diversité des produits : entre un pod à faible puissance et une box capable de cracher 200 watts, les expositions ne sont pas comparables. Le rapport traite « la vape » comme un ensemble homogène, ce qui est une simplification.

L’évolution constante du marché : les e-liquides et le matériel de 2026 ne sont pas ceux de 2015. Les données étudiées peuvent déjà être partiellement obsolètes.

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Ce que ça change concrètement

Pour les vapoteurs, ce rapport ne devrait pas modifier grand-chose au quotidien. Il confirme ce que la communauté savait déjà : la vape n’est pas totalement inoffensive, mais elle reste une option de réduction des risques pertinente pour les fumeurs.

Pour les fumeurs qui hésitent encore, c’est peut-être l’occasion de sauter le pas. Oui, il y a des risques. Non, ils ne sont pas comparables à ceux du tabac.

Pour les non-fumeurs, le message reste le même : ne commencez pas. La vape n’est pas un hobby anodin, c’est un outil de sevrage.

Le contexte politique à garder en tête

Ce rapport arrive dans un contexte tendu pour la vape en France. L’article 23 du PLF 2026, qui prévoyait une taxation massive des e-liquides et l’interdiction de la vente en ligne, a finalement été retiré après une mobilisation historique de la filière et des vapoteurs. Près de 250 000 signatures de pétition plus tard, la menace s’est éloignée.

Mais le gouvernement n’a pas abandonné l’idée de réguler davantage le secteur. Une réduction du taux de nicotine autorisé et des restrictions sur les arômes sont toujours dans les tuyaux. Ce rapport ANSES pourrait servir de base scientifique à ces futures mesures, dans un sens comme dans l’autre.

En résumé

Le rapport ANSES 2026 n’est ni une condamnation de la vape, ni un blanc-seing. C’est une photographie honnête de l’état des connaissances scientifiques actuelles :

  • La vape est significativement moins nocive que le tabac : confirmé
  • La vape n’est pas sans risque : confirmé également
  • La vape reste un outil de réduction des risques pertinent pour les fumeurs : toujours d’actualité
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Pour les fumeurs qui hésitent encore : le mieux est l’ennemi du bien mais passer à la vape, c’est déjà faire un grand pas pour votre santé.

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